Les Muses - II : Artificia

Publié le par Sam

II

Artificia

 

« Dis-moi, ton cœur parfois s’envole-t-il, Agathe ? »

Charles Baudelaire


 


A nouveau le serpent d’acier quitte le Parnasse,

Ce sont des souvenirs que mon esprit ressasse

Dans cette gare oubliée à perte de vue :

L’époque où mon astre n’était pas soleil noir,

Le temps passé où j’aimais encor mes espoirs ;

Cette histoire je la conte une fois de plus.

 

C’est ici je crois que nos regards se croisèrent

Pour la première fois, que mes yeux osèrent

Lire une promesse dans les cieux de ses yeux.

Et le temps, en passant, fit naître une passion

Qui peu à peu se transforma en obsession,

Et qui sema le doute dans mes propres vœux…

 

Dans sa grande chambre ombragée de poèmes,

Les secondes se figèrent sur mon « je t’aime… »

J’avais agis, il est vrai, sans grande sagesse ;

J’ai dit pour me sauver que c’était un mensonge,

C’est à peu près ainsi que s’est fini le songe

Et que j’ai cru perdre ma précieuse Déesse.

 

Quelques fois encore, je la revois, dansant

Comme un rêve sur d’éternels sons enivrants,

Près de moi, mais sur l’autre bord de l’Achéron…

Un soir où je te posais la question, Agathe, –

Savoir si ton cœur parfois prenait la frégate, –

Tu m’as offert comme réponse un triste « non. »

 

« Would that he were gone. »

A Fairy, in A Midsummer Night’s Dream.

 

 

Publié dans Poèmes-tampons

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