Coccinelle 1:1

Publié le par Sam

Chapitre Premier

 

 

 

Sur une petite planète bleue perdue au fond de l’univers, troisième galaxie à gauche puis tout droit vers l’infini, un peu avant de se brûler les ailes sur un amas stellaire, il était une fois…

 

        …il était une fois des mammifères bipèdes qui se disaient doués de raison. Ils vivaient en harmonie de poudre, de canons, de poisons, de cordes, de poignards et de clés anglaises avec toutes les autres espèces vivantes qui partageaient avec eux cette boule de terre et d’eau. Pendant des millions d’années – qui sont comparable, à l’échelle de l’absolu, à quelques poussières de microsecondes – ils ont utilisé leur intelligence pour que leur vie soit meilleure, inventant systématiquement une solution à tout nouveau problème qui se présentait à eux, et perfectionnant toujours ces mêmes solutions au fil du temps, dans le doute qu’avec l’âge elles ne soient plus très efficaces. Et comme il valait mieux s’y mettre à plusieurs pour trouver encore plus d’idées, ils n’eurent de cesse de se regrouper pour créer plus.

 

       C’est ainsi que fut bâtie la plus grande ville de la planète, Babylone.

La cité était déjà assez vaste, en terme d’étendue. Elle consistait surtout en une accumulation concentrique de bâtiments historiques, de petits immeuble de trois à cinq étages bien rangés le long d’avenues circulaires. Et au cœur de cette cité était une place ronde. Et au centre de cette place se dressait un immeuble tellement haut que, les jours de pluie, ses cheminées allaient chatouiller les nuages. Il y avait tellement d’étages que personne n’osait jamais utiliser les escaliers. Et pour cause, le jour de l’inauguration, quand l’architecte entreprit de gravir la tour, avec le maire de la ville et tous ses adjoints, on ne les revit jamais vivant.

Ici, il n’y avait pas besoin de quitter l’immeuble pour vivre : les entreprises, les services publics et toutes les installations étaient prévues : des parcs aux restaurants en passant par les écoles et les hôpitaux, tout était disséminé sur les nombreux niveaux du bâtiment. Ce qui fait que les habitants respiraient rarement l’air frais de l’extérieur. Mais tout le monde semblait s’en être accommodé.

 

Dans cet immeuble on avait construit dix ascenseurs. Ce qui était déjà bien, mais pas suffisant. Tous les matins, tous les soirs, il fallait attendre que la machine arrive au bon étage pour pouvoir partir travailler ou alors renter chez soi. Comme dans les gares, on mettait à disposition des dépliants avec les horaires des départs en fonction des étages. Comme dans le métro, des panneaux indiquaient à chaque palier le temps d’attente avant l’arrivée du prochain ascenseur.

De même, ceux qui vivaient au dernier étage devaient compter au moins vingt minutes de transport vertical (et encore, quand la cabine ne marquait aucun arrêt) pour regagner leurs pénates. Ce qui pouvait parfois poser problème aux heures de pointe.

 

Et c’est ici, dans un appartement situé au 465e étage, soit à seulement cinq niveaux du toit, que vivait Valentin.

 

 

***



Publié dans Coccinelle

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
Z
très belle illustration du roman
Répondre
R
Ce qui est dommage,c'est qu'on voir le sommet de ta tour...<br /> Je l'imaginais plus perdu dans les nuages!
Répondre